PROCÈS DE VERA ZASOULITCH ET PROCÈS DES 193....

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PROCÈS DE VERA ZASOULITCH ET PROCÈS DES 193....

PROCÈS DE VERA ZASOULITCH
ET PROCÈS DES 193.
Convocation officielle signée par le secrétaire adjoint du Tribunal de Saint-Pétersbourg «Kroutkoff», datée du 28 mars 1878, adressée à Félix Wadimew Wolkonski, appelé à témoigner suite à une tentative d'assassinat dans l'affaire Véra Zasoulitch (1849-1919). Pièce imprimée portant des inscriptions manuscrites, texte en russe, in-folio, déchirures, en l'état. Au revers de ce document figure un texte manuscrit en caractères cyrilliques, intitulé «Les testaments des condamnés du procès des 193», fait à la Forteresse Pierre-et-Paul, le 25 mai 1878 précédé de 24 signatures autographes de P. I. Voïnaralsky (1844-1898), F. V. Volkonsky (1846-1914), S. A. Zhebounoff (1849-1924), S. P. Zaroubaieff (1848-?), T. A. Kviatkovskiy (1852-1898), S. F. Kovalik (1846-1926), V. F. Kostiurine (1853-1919), A. I. Livanoff (1850-1909), F. N. Lermontoff (1847-1878), A. O. Loukashevitch (1855-1907), P. M. Makarevitch (1851-1903), M. D. Mouravskiy (1838-1879), V. A. Ostashkine (1854-1903), D. M. Rogatcheff (1851-1884), M. P. Sazhine (1845-1934), S. S. Sinegoub (1851-1907), I. O. Soiuzoff (1846-1904), V. A. Stakhovskiy (1851-1917), S. A. Stopané (1857-1902), N. A. Tcharoushine, I. N. Tchernavskiy (1850-?), S. L. Tchoudnovskiy (1849-1912), L. E. Shishko (1852-1910), E. K. Breshkovskaia (1844/1934), sa signature a été ajoutée à sa demande. Conservée collée sur une plaque de verre.
Traduction: «Camarades qui partagez nos convictions! Le jugement du parti national-révolutionnaire de Russie (social-révolutionnaire) est officiellement terminé». ainsi commence l'exposé du juge pour la conclusion du procès, signé et affranchi; maintenant il ne reste que pour le pouvoir officiel que de nous envoyer, nous, les soi-disant «condamnés» au bagne et en déportation - pour «rééducation». Le lieu de cette déportation étant le bagne des travaux forcés, disons la vérité - lieu de châtiment et d'enchaînement, cela nous permet de considérer, dans les limites de notre conscience, d'avoir accompli notre devoir pour toujours - ainsi nous nous trouvons dans le droit et dans l'obligation de vous adresser, camarades de nos convictions, ces quelques paroles. Ne nous prêtons pas plus d'importance que nous n'en avons, nous parlerons seulement dans les limites de cette question qui nous est imposée par la vie: le pouvoir officiel a trouvé utile pour lui de nous donner en exemple effrayant aux hommes qui ont les mêmes convictions que nous, ainsi c'est un pénible règlement de comptes, dans le but de nous amener à nous repentir peut-être aussi, utilisant des moyens dépravés, pour rendre les gens plus faibles, plus découragés dans leur élan pour prendre la direction de leur comportement selon cette voix étrange de leur conscience et aussi en considération de bonnes instructions reçues par l'intermédiaire de notre organisation. Considérant cet aspect caché de ses intentions, nous nous sentons obligés de faire connaître qu'aucune «punition» ni aucun enchaînement n'est point capable de changer notre fidélité pour le parti social-révolutionnaire de Russie. Nous jurons de rester les ennemis du régime en vigueur en Russie, qui sème le malheur et l'esclavage dans notre patrie; d'autant plus, que dans le domaine des relations économiques il exploite notre labeur dans les champs, ou dans l'industrie, ou dans les services, et en retour il nous prive de l'honneur, des biens, de la liberté, de la vie et du respect dus à chaque citoyen tout cela par ses décisions arbitraires de pouvoir discrétionnaire et de son «point de vue subjectif».
Historique du procès Véra Zasoulitch: née dans une famille de la noblesse, elle fréquente pendant ses études à Saint-Pétersbourg les milieux révolutionnaires estudiantins et est arrêtée en mai 1869 du fait de correspondances échangées avec le nihiliste Serge Netchaïev. Elle est emprisonnée, puis libérée en mars 1871. Elle s'établit alors à Kharkov, intègre le groupe «Les émeutiers du Sud» qui organise des attentats contre le régime tsariste. Revenue à Saint-Pétersbourg, elle tire, le 24 janvier 1878, avec un revolver sur le général Fiodor Fiodorovitch Trepov, préfet de police, qui avait fait frapper de verges le révolutionnaire Arkhip Petrovitch Bogolioubov. Trepov est blessé, et Vera passe en jugement le 31 mars 1878. De façon inattendue, elle est acquittée. La police tente en vain de l'arrêter à la sortie du tribunal. Mais elle parvient à se cacher quelque temps chez une amie avant de se réfugier en Suisse. Elle retourne ensuite en Russie, où elle milite dans l'organisation «Terre et Liberté», mais après la scission de ce mouvement en août 1879, elle participe à la fondation de l'organisation «Tcherny Peredel» ou «Partage noir» à Saint-Pétersbourg avec Georges Plekhanov, Pavel Axelrod, Lev Deutsch, Ossip Aptekman et Élisabeth Kovalskaïa. Elle traduit en russe des ouvrages marxistes dont notamment le Manifeste du Parti communiste, édité à Genève en 1882. Cette même année, alors réfugiée à Londres, elle lance une souscription en faveur des familles pauvres des nihilistes russes, avec l'aide de Piotr Lavrov, lui-même expulsé de France pour cette même raison. Après un échange épistolaire avec Karl Marx en 1881, elle prend ses distances avec l'anarchisme pour adhérer au mouvement marxiste à partir de 1883. Avec Gueorgui Plekhanov, elle fonde le groupe «Libération du Travail», première organisation marxiste russe, fait partie de l'équipe de rédaction de l'Iskra et prend part au deuxième congrès du Parti ouvrier social-démocrate de Russie (POSDR) à Bruxelles et Londres en juillet-août 1903. Membre du courant menchevik, elle s'oppose avec virulence aux thèses de Lénine. Elle meurt peu de temps après la révolution d'Octobre.
Historique du procès des 193: il désigne un procès de 193 activistes populistes anti-tsaristes en automne 1877 à Saint-Pétersbourg. Le procès des 193 fait suite à un procès en janvier 1877 chargé de juger les manifestants de la place Notre-Dame-de-Kazan le 6 décembre 1876 et un autre à Moscou en mars qui avait réuni cinquante accusés. Les arrestations commencèrent lors du «Fol été de 1874», lorsque des milliers d'étudiants nommés Narodnichestvo [populistes paysans] partirent vers les campagnes afin d'éduquer les paysans et les mettre face aux limites de la gouvernance du régime. Néanmoins cela n'eut pas l'effet escompté, et nombre de paysans les dénoncèrent aux autorités. Les Narodnichestvo décidèrent alors de se focaliser sur les lieux de pouvoir. Les accusés étaient pour la plupart des étudiants et autres «révolutionnaires», accusés d'atteinte à l'ordre public et de propagande à l'encontre de l'Empire Russe. Ce procès aboutit à de nombreux acquittements, seule une petite partie des accusés fut condamnée à des peines de prison ou de travaux forcés. Cela déboucha sur un regain de violence de la part de ces militants révolutionnaires qui, jusqu'alors, étaient plutôt pacifiques. Deux des acquittés de ce procès, Sofia Petrovskaya et Alexandre Zheliaboff, seront impliqués dans la tentative d'assassinat, cette fois-ci réussie, qui coûta la vie au tsar Alexandre II le 13 mars 1881.
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