CABINET en placage de palissandre, ouvrant…

Lot 160
25 000 - 30 000 €
Résultat: 26 000 €

CABINET en placage de palissandre, ouvrant…

CABINET en placage de palissandre, ouvrant par une doucine sur le dessus et deux portes à décor de moulures ondées, dessinant des caissons, découvrant un intérieur plaqué d'ivoire, reprenant la disposition du décor extérieur, découvrant dix tiroirs et une porte de caisson ornés de vingt et une plaques dites «pietra paésine», la plaque du caisson à décor d'une perspective marquetée de pierres de couleur, dans un encadrement de ½ colonnes plaquées d'ivoire. A l'intérieur du caisson, on découvre une niche à deux arcatures et colonnes, les murs foncés de miroirs, le sol marqueté d'un damier en ébène et ivoire. La porte du caisson plaqué à l'intérieur d'ébène et de filets d'ivoire soulignant un décor géométrique. Cette niche, amovible découvre trois tiroirs plaqué de palissandre dans le fond. Le couvercle de la doucine supérieure découvre un coffret plaqué de palissandre de deux compartiments soulignés d'un filet d'ivoire dessinant des compartiments. Allemagne, probablement AUGBOURG vers 1650. Cabinet: H.: 56 cm, L.: 88 cm, P.: 38 cm. Piètement: H.: 91,5 cm, L.: 92,5 cm, P.: 40 cm. Restaurations, quelques ferrures et fonçures changées, ivoire restauré. Piètement à colonnes à pans coupés ouvrant par deux tiroirs en ceinture, réalisé postérieurement dans l'esprit du XVIIe siècle avec quelques éléments anciens. Le décor des plaques dites «pietra paésina» proviennent principalement de la région de Florence mais certaines d'Allemagne et sont une variété de calcaire dans lesquelles le temps et les accidents géologiques stratifiés ont créé un décor naturel évoquant, des paysages ou des arbres. A l'époque, le grand duc Ferdinand 1er avait interdit le ramassage de ces pierres vu leur grand intérêt. Les nôtres, vu le placage de l'ivoire utilisé en encadrement, matière rare et précieuse, ont été choisies, certainement à l'époque pour leur qualité minérale et décorative répondant ainsi d'une façon symétrique d'un tiroir à un autre à un aspect naturaliste, alors à la mode. Il est très intéressant d'étudier ces cabinets, car on constate que toutes les techniques d'assemblages de matériaux ont été utilisées au XVIe et au XVIIe siècles. En effet, on a utilisé pour la décoration intérieure de multitudes de pierres dures, marquetées ou non, provenant de Florence ou de Prague, mais montées à Augsbourg. Egalement les plaques de pierres calcaires provenant de l'Arno ont été taillées et polies à Florence, vendues dans toute l'Europe et certaines montées sur des cabinets allemands, notamment à Augsbourg au XVIIe siècle. Certaines de ces plaques étaient peintes en Italie, ou par des artistes des pays destinataires. A force de comparaison, une évidence vient à l'esprit, les plaques de pierres dures de Florence étaient, la plupart du temps, d'une qualité très supérieure aux autres. Leur qualité, imposée dans l'atelier grand-ducal, le goût inné des Médicis, le choix des pierres et la réalisation technique exceptionnelle grâce au talent des artistes de la manufacture, mettent au premier rang cet art florentin. Le défaut de la pierre devenait un atout pour l'artisan qui savait l'exploiter. On a réalisé des cabinets avec des plaques de pietra paesina dans plusieurs villes d'Allemagne notamment associés avec des panneaux en laque de Chine. Deux plaques similaires «pietra paesina» du XVIIe sont conservées à la Galleria dei Lavori de Florence OAb1911:1935,1936. Parmi les rares cabinets plaqués d'ivoire à portes provenant d'Augsbourg, on peut citer: -Un cabinet de Melchior Baumgartner orné de plaques de lapis conservé au Bayerisches Museum de Munich. -Un autre du même ébéniste avec plaques de pierres dures est conservé au Staatliches Muséum de Schwerin. -Un troisième du même type conservé au château royal de Rosenborg, avec son tiroir supérieur et qui est orné de 15 plaques de pierres dures à décor d'oiseaux. -Un quatrième mais sans sa doucine supérieure, est conservé au Louvre. Il provient de la collection de William d'Orange, saisie après 1795. Il est orné de 14 plaques en pierres dures à décor d'oiseaux sur les tiroirs, mais surtout de 3 plaques de piétra paésina, décor principal au centre des portes intérieures et du caisson, ce qui est similaire au nôtre. -Un dernier, anciennement dans les collections Sarti, est conservé actuellement au Palais Liechtenstein à Vienne. Il est plaqué d'ébène et orné à l'intérieur 17 plaques de pierres dures florentines à décor d'oiseaux et de fleurs. Melchior Baumgartner 1621-1696 est un célèbre artiste-ébéniste d'Augsbourg, l'un des centres artistiques les plus importants et influents de l'époque. Il est le fils d' Ulrich Baumgartner qui était réputé pour la conception et la réalisation de ses cabinets dans toute l'Europe. Il travaillait avec Philip Heinhofer ou Hainhofer, qui collaborait avec beaucoup d'autres artisans. Habile diplomate, ayant du goût, sans doute «marchand-mercier», il était en relation d'affaire avec les princes d'Europe. Grâce à ses liens très étroits avec l'Italie après avoir étudié à Padoue, il développa un réseau lui permettant d'acheter ou de commander de très belles plaques en pierres dures qui ornent les cabinets cités. Il fournit, vers 1615, le fameux «Pommerische Kunstschrank», au duc de Poméranie, hélas détruit pendant la dernière guerre, et un autre heureusement conservé au Palais Pitti qui avait été offert par l'archiduc Léopold d'Autriche à Ferdinand II de Médicis, Grand-duc de Toscane. Un cabinet sans porte, attribué à ce maître plaqué en ivoire décoré de plaques de pietra dura et de colonnes en marbre vert est conservé au Rijksmuseum. Le dernier cabinet similaire conservé à Uppsal a été offert au Roi Gustave Adolphe de Suède. D'autres modèles de cabinets à gradins, dont celui d'Ambleville ayant la même structure est quant à lui plaqué d'écaille à décor de bas-reliefs en ébène sculpté certainement parisiens. De même conception un dernier de l'ancienne collection Qizilbash avec des colonnes en ivoire sculpté était dans la collection Kugel. Un petit cabinet (42,5 x 37cm) plaqué à l'extérieur et à l'intérieur d'ivoire, mais orné de plaques d'émail, était présenté à la Teffaf, par Georg Laue, n° 11 de son très bel ouvrage sur les cabinets. Un autre cabinet d'Augsbourg, un peu plus important (63 x 69cm) du même type, mais orné de plaques en cuivre doré et peint de personnages de l'histoire de Livy et Plutarch, est conservé dans les collections des princes de Lichtenstein inv.E.317. Bibliographie: -Annamaria Giusti «Splendori di pietre dure» Exposition de Florence 1988. -Annamaria Giusti «La marqueterie de Pierres dures» Editions Citadelles. 2005 -G. Sarti «Fastueux objets en marbre et pierres dures», catalogue n° 7, 2006. -Rijksmuseum d'Amsterdam «17th- century cabinets» par Reiner Baarsen.
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